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vendredi



Je travaille en ce moment sur l'histoire des Mères de la Place de Mai en Argentine.
Questions sur la disparition et son affectation dans un cadre généalogique. Ces Mères sont sorties dans la rue parce qu'on leur avait enlevé leurs enfants. Puissance de la relation Filiale.
La deuxième image : réflexion caricaturée et absurde autour de ces constatations. À partir d'un arbre généalogique des Dieux grecs : Et si Zeus avait disparu avant d'avoir eu des enfants ?
Cette réflexion serait devenu complètement morbide si j'avais travaillé à partir de mon arbre généalogique ou bien à partir de celui d'un disparu argentins.




Installation :

Le son, immatériel, permet de laisser libre cour à l'imagination sans interférences visuelles. Il fait apparaître ce qui est absent, invente des univers.Les Maisons en réhabilitation de la Zone de l'Union nous cache un hypothétique passé. En passant devant, fenêtre ouverte, on entend les bruits de vaisselles qui nous attire vers l'intérieur. On passe la porte, on traverse le couloir, et là rien. Seul le son occupe l'espace. On identifie un repas autour d'une table, pris au piège par nos repères culturels. Le vide s'évanouit alors, on comble l'absence et chaque détail de la pièce fait voguer notre imagination.


Installation avec 4 enceintes, fixées au 4 coins de la pièce du rez de chaussé. Fenêtre ouverte, pour que le son s'entende dehors. Une bande son d'un repas familiale. Projet in-situ, présentable uniquement dans une maison abandonnée ou vide.

















Lien vers des photos et la revue de presse de l'exposition "AT HOME" :
 http://athome.over-blog.com/

mardi


tilidom.com


Les enregistrements consécutifs d'un même discours, avec un mauvais micro, génèrent une perte de sens mais aussi des émotions différentes. Les expérimentations musicales qui commencent des les années 50, m'ont beaucoup influencée.
Discours du Barbier, à la fin du film Le Dictateur de Charlie Chaplin
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Début de réflexion sur ces éléments et sur le lien avec mon histoire. Une mère arrivée en France en 1981, fuyant la dictature de Videla en Argentine.    Un gros travail sur cette question. Comment ne pas tomber dans le pathos de ma vie et élargir mon propos pour parler universellement ? Ce problème occupe une grande part de mon travail. Trouver les mots qui dépassent mon histoire pour donner une forme plastique à mon propos.
Enregistrement du témoignage de ma mère sur son quotidien sous ce régime. j'ai d'abord tenté de créer des sons indépendants à partir de sa voix, dans l'idée d'écrire une musique. Supprimer le sens du discours. J'ai fini par comprendre que mon projet n'était pas musical, je ne suis pas musicienne et je voudrais créer une installation sonore. Pour construire la tension que je voulais faire apparaître, j'ai découpé et transformé cette voix en 3 entités : l'individu, l'autorité et la censure. Je sors ainsi du registre purement musical pour inventer une bande sonore. Construire un témoignage sur les transmissions filiales d'un tel passé, conscientes, et sur l'autocensure, inconsciente. Ce qui se transmet par la parole, ce qui se transmet par les gestes ou le comportement. Mise en parallèle avec le fonctionnement d'un régime dictatorial.

lundi

(écouter avec un casque)




Filmer un homme qui marche à pieds nus dans la rue, en un seul plan latéral et fixe. En synchro, le son de ses chaussures claque sur le sol. Jouer avec la notion de hors champ. Comme un gag de dessin animé, un décalage qui dans notre réalité nous perturbe. Questionnement sur la manière dont existe un élément disparu. Un piège tendu au spectateur qui cherche dans l'image une action, un sens disparu. Le son prend part dans la vision. Il participe de ce que l'on voit, ou pas. Il provoque notre attention et notre imagination autant que l'image pour former un ensemble.  
Créer des situations. Créer des sensations absurdes, qui parlent de l'absence, de l'effacement. Beaucoup d'idées encore engluées dans mon cerveau. Une présentation chronologique de l'évolution de mon travail.